Nous sommes donc de retour à la maternité à 9h. Je suis reçu par LE sage femme (eh oui, c'était un homme) que j'avais vu la veille en consultation de contrôle.
Il m'auscule. Mon col est complètement effacé et je suis dilatée à 4 ou 5 cms! Ouf!! Je ne souffre pas pour rien! Il me confirme que je suis bien en train de perdre les eaux.
Il me dit: "Par contre, nous sommes surchargé ce matin. Beaucoup de femmes sont arrivées et nous n'avons plus de place en salle de travail. Je vais vous installer en salle de consulation en attendant qu'une place se libère".
Il nous emmene donc dans une pièce avec 2 lits, un bureau et un PC... Pas vraiment l'image de la salle d'accouchement... C'est pas grave, je suis contente qu'on s'occupe de moi.
Il me met sous monitoring 35 minutes pour contrôler le rythme cardiaque du bébé et les contractions.
Pendant les minutes qui suivent, les contractions sont toujours aussi intenses! Mais je dois me forcer à rester allonger sans trop bouger pour que le monitoring enregistre bien les infos... Ouch!! Je bat les bras en l'air pour essayer d"'évacuer la douleur" (on est bizarre face à la douleur parfois...). Moi qui ne voulait pas la péridurale (par conviction contre la surmédicalisation des naissances), je dis à mon homme :"Bébé, j'ai vraiment trop mal. Je crois que je vais demander la péri.
- T'es sûre? Tu peux vraiment pas tenir?
- Non Bébé, tu ne te rends pas compte de la douleur que je ressens!!!"
A la fin de l'examen, le sage femme revient et me dit: "Bon, vous êtes à 6 ou 7 cms. Ca avance bien"
- Et une salle de travail va se libérer?
- Bah, nous n'en avons toujours pas de dispo... Je peux pas vous promettre une durée... Mais ne vous inquiétez pas, ce lit est conçu pour les accouchements. Je vous tiens au courant dés que j'ai du neuf"...
Ouch!!! Après coup, je me rends compte qu'à ce moment là, le sage femme savait déjà que j'accoucherai là. Même si une salle finissait pas se libérer, le temps de poser la péri... Et puis mon homme avait vu qu'ils avaient placé un chariot avec tout le matériel devant la chambre...
Moi, je profite de ne plus être sous monitoring pour me lever et essayer par tous les moyens de me soulager. Je m'assois sur le ballon, marche dans le couloir, m'appuie contre le mur... Je grogne, râle... Je n'en peux plus!
Mon homme a été extra! Il me faisait des massages dans le dos pour me soulager pendant les contractions, essayait de me proposer des solutions de positions... Quand j'étais allongée, il me tenait les jambes en l'air pour me soulager autant que possible. Il était super prévenant. La seule chose que je ne supportait pas, c'est qu'il me parle pendant une contraction... Le pauvre, je l'ai rembarré plusieurs fois à cause de ça! ;o)
Le temps passe, n'en finit pas. J'ai l'impression que mon esprit m'échappe, que je ne suis "que douleur"!! Et puis, j'ai envie de vomir! Je cours aux toilettes, mon homme appelle l'infirmière qui arrive de suite. Elle lui dit: "Ne vous inquiétez pas, c'est à cause de la douleur. Elle est tellement forte que votre femme vomit..."
Et là, j'ai commencé à entrer dans un état second... Je ne garde que des flashs... Je me revoit en train de secouer le second lit de la chambre, me jeter par terre, me laisser tomber dans le lit et taper des poings comme une forcenée!!
Je vais mourir!!!
Et puis, d'un coup, je ressens l'envie de pousser! Ca y est, le moment est proche!!
Mon homme appuie à nouveau sur l'alarme, l'infirmière et le sage femme accourent. Je leur dit: "J'ai eu envie de pousser pendant la dernière contraction!"
Le sage femme -" Pendant seulement, pas entre?
- Non
- Bon, c'est que ça arrive. Quand vous aurez envie de pousser de façon continuelle, ce sera la moment!"
Pendant ce temps, je vois l'infirmière poser les étriers, installer le chariot près du lit. Et moi, je prends conscience que je vais accoucher dans cette salle, ça y est!
Je n'ai plus la notion du temps...
Et puis, d'un coup, je hurle:
"- Je sens que le bébé arrive!!!!!!!!"
Et là, branle bas de combat dans la pièce, 5 ou 6 personnes sont arrivées (sages femme, médecin, infirmières...). Je ressens que tout le monde se préparait autour de moi.
Je sens qu'on me place sur le côté, et le sage femme me dit: "Allez y Madame, poussez!" Moi, pas encore consciente de se qui m'arrive, je pousse n'importe comment, de façon totalement inefficace.
Je sens alors qu'on me replace sur le dos. Au passage, je vois mon homme, le visage couvert de larmes. Il prend conscience que le moment est là! On me met les jambes dans les étriers, on installe le lit en position... Et le sage femme: "Prenez une grande inspiration, contenez l'air et poussez de toute vos forces!!" Je sens la contraction monter, je me concentre à fond et donne toute la force possible dans la poussée. Tout le monde m'encourageait, je me sentais complètement prise en charge, mon corps ne m'appartenant plus, je ne me concentrait que sur les ordres du sage femme et du médecin en faisant abstraction de tout ce qui m'entourait.
Je sens qu'on appuie sur mon ventre, qu'on m'aide!
Et puis, j'entend la femme médecin dire doucement "Episiotomie."
Je comprend, mais ne me déconcentre pas. Elle me dit: "Madame, à la prochaine contraction, vous allez pousser de toutes vos forces. Je vais vous faire mal, mais il ne faudra surtout pas arrêter de pousser!!"
Moi, concentrée au maximum, je l'écoute et suis ses instructions. Je sens une grande douleur, hurle, mais continue néanmoins de pousser de toutes mes forces!!
Et là, d'un coup, on me dit: "Arrétez maintenant, attendez pour la dernière poussée"
Et puis, "Allez-y, on y est!! Un dernier effort"
Ouf! D'un coup, j'ouvre les yeux et voit mon bébé, devant moi, dans les bras du sage femme. Magnifique, il est tellement beau! On dit que les nouveau nés ne sont pas toujours beaux, mais moi je le trouve tellement bien! Les joues gonflés, un crane bien rond, un bébé presque propre!!! Magnifique!!!
On me le place sur moi. Moi je lève la tête vers mon homme et lui demande: "Tu as vu si c'était un garçon ou une fille?
- Non."
Je regarde donc son petit ventre et voit que c'est une fille!!!! Elle est tellement magnifique!!
