Voici donc le récit de ce grand jour, qui a commencé dimanche 28 mars en début d’am, avec des contractions régulières, toutes les 20 min environ, mais pas trop douloureuses.
A 19h, après un bain chaud et 2 spasfons, elles sont toujours là. A 20h, on commence à noter les minutes qui séparent les contractions, celles-ci devenant de + en + douloureuses. J’essaye de me détendre allongée sur le canapé et de respirer comme je l’ai appris.
A 23h j’appelle la clinique, il faut attendre des contractions toutes les 5 min depuis au moins 1h…On patiente donc… La douleur est de + en + difficile à gérer, vers 1h du mat je décide de reprendre un bain chaud pour me soulager, ce qui me permet d’arriver à des contractions espacées de 5 min depuis 1h. Je me prépare à partir, heureusement les valises étaient déjà prêtes !
Départ pour la clinique à 3h du mat. A peine montée dans la voiture qu’une violente contraction me fait vomir… Arrivée à la clinique, une sage femme nous installe dans une salle et me pose sous monito pour suivre le cœur du bébé et mesurer les contractions. Mon col est effacé et ouvert à 1, elle me dit que bébé n’arrivera pas avant le début d’am. Je panique intérieurement, cela me semble une éternité et je me dis que je n’arriverai jamais à supporter la douleur… Guillaume se sent bien impuissant et descend son thermos de café pour tenir le choc…
Finalement le travail avance bien, vers 4h30 elle m’emmène en salle d’accouchement. Elle est douce et rassurante, je me sens en confiance. On me pose une perf d’eau sucrée pour m’hydrater, j’ai très soif et elle m’autorise à boire un peu d’eau. Vers 5h45, l’anesthésiste vient me poser la péridurale. La 1ère piqûre anesthésiante fait mal, mais je ne sens rien au moment de la grosse seringue…ouf ça c’est fait ! Après une 20aine de minutes, l’effet se fait ressentir : quel soulagement!!! La douleur s’atténue et j’arrive presque à m’assoupir !
La sage femme de l’équipe de jour arrive à 7h, elle me demande quelle position je souhaite et je me met sur le côté gauche, guillaume est en face de moi. Je commence à sentir le bébé pousser…Je gère la péri avec une pompe, la douleur revenant régulièrement. Ensuite la sage femme me repositionne sur le dos, ça y est c’est parti il faut pousser pour faire sortir ce bébé ! Et alors là, dur dur de se souvenir des cours de prépa, je ne sais plus comment respirer, comment pousser… une 2ème sage femme est là avec sa main sur mon ventre pour me montrer comment pousser, elles m’encouragent, ainsi que Guillaume à qui je broie la main à chaque poussée, le pauvre ! Elle voit la tête du bébé, me propose de venir la toucher : je sens une touffe de cheveux humides, whaouuuuuuu c’est mon bébé !!! Ça me motive encore plus pour pousser, je donne tout ce que j’ai, je l’attrape sous les bras pour finir de le sortir et on me le pose sur le ventre.
Il est 10h13, Oscar est né, je suis dans un autre monde, complètement anéantie par tant d’efforts et de douleurs, mais heureuse ! Guillaume est très ému.
On emmène le bébé pour les 1ers soins, puis on le met ½ sous oxygène car il est né avec le cordon autour du cou…rien de grave mais du coup j’ai eu droit à une petite épisio, il fallait vite le sortir.
Pour moi la bataille n’est pas terminée, il faut expulser le placenta. Encore un dernier effort… malheureusement ça se complique, il reste un morceau et je fais une hémorragie, l’utérus ne pouvant se contracter. C’est la panique…tout le monde est speed autour de moi (5 accouchements à gérer dans la même nuit), j’entend dire que je perds beaucoup de sang, qu’il faut agir vite…et elle se met à appuyer comme une forcenée sur mon ventre pour évacuer ce bout restant, l’horreur… j’hurle de douleur. J’apprendrai plus tard qu’en fait le cathéter de la péri s’était décroché donc j’avais beau pomper je ne recevais pas le produit…
On nous ramène Oscar et on reste presqu’1 heure ensemble tous les trois, le début d’une longue histoire d’amour… !
